Autoconsommation ou revente totale : que choisir en 2026 ?

C'est la première décision structurante d'un projet solaire, avant même le choix des panneaux : est-ce que je consomme ce que je produis, ou est-ce que je vends tout au réseau ? En 2026, l'écart entre le prix auquel vous achetez votre électricité et celui auquel on vous la rachète a rendu la réponse assez tranchée pour les particuliers — mais pas pour tout le monde. Voici le comparatif chiffré que nous présentons à nos clients du Gard et de l'Hérault.
En résumé
- En autoconsommation, chaque kWh consommé vaut le prix d'achat évité, autour de 0,20 €/kWh en 2026 : c'est presque toujours supérieur au tarif de rachat du surplus.
- La revente totale garde du sens sur les grandes toitures sans consommation en journée : hangars agricoles, bâtiments d'entreprise fermés, dépendances.
- Le choix se fait à l'étude et engage 20 ans : le contrat d'achat ne se change pas librement en cours de route.
Les deux modèles en clair
Autoconsommation avec vente de surplus : votre production alimente d'abord vos appareils. Ce que vous ne consommez pas part sur le réseau et vous est racheté dans le cadre d'un contrat d'obligation d'achat de 20 ans. Vous bénéficiez aussi de la prime à l'autoconsommation.
Revente totale : la totalité de la production part sur le réseau, comptée par un compteur dédié. Vous continuez d'acheter 100 % de votre électricité à votre fournisseur. Il n'y a pas de prime à l'autoconsommation, mais le tarif d'achat au kWh est plus élevé que celui du surplus.
Techniquement, la différence porte sur le câblage et le comptage, pas sur les panneaux. Elle se décide avant la demande de raccordement.
Le calcul déterminant : la valeur d'un kWh
La question se résume à comparer trois valeurs :
• Prix d'achat d'un kWh au tarif réglementé en 2026 : environ 0,20 € en option Base, davantage en heures pleines • Tarif d'achat du surplus : nettement inférieur, quelques centimes d'euro par kWh • Tarif d'achat en revente totale : intermédiaire, plus élevé que le surplus mais inférieur au prix d'achat réseau
Conséquence directe : un kWh que vous consommez vous rapporte l'équivalent de 0,20 €, alors que le même kWh vendu en surplus vous rapporte beaucoup moins. L'autoconsommation gagne dès que vous avez une consommation diurne significative.
Ces tarifs d'achat étant fixés par arrêté trimestriel, nous indiquons sur chaque devis les valeurs en vigueur pour votre trimestre plutôt que des chiffres qui vieilliraient mal. Le détail du mécanisme est dans notre article sur les tarifs d'achat 2026.
Simulation sur une maison de 6 kWc
Installation de 6 kWc à Ganges produisant 8 000 kWh par an, foyer consommant 7 000 kWh dont une bonne part en journée.
• Scénario autoconsommation : 60 % autoconsommés, soit 4 800 kWh × 0,20 € = 960 € d'achats évités, plus 3 200 kWh de surplus vendus. Gain annuel : de l'ordre de 1 100 à 1 250 €, plus la prime versée après mise en service. • Scénario revente totale : 8 000 kWh vendus au tarif de vente totale, sans prime, et 7 000 kWh toujours achetés à 0,20 €, soit 1 400 € de facture inchangée.
Sur ce profil, l'autoconsommation l'emporte largement. Et l'écart se creuse à chaque hausse du tarif réglementé, comme celle de août 2026 : plus l'électricité du réseau coûte cher, plus le kWh autoconsommé prend de la valeur.
Les cas où la revente totale garde du sens
Elle reste cohérente quand la consommation sur place est faible ou décalée :
• Hangar agricole, bâtiment de stockage, cave, bergerie : grande toiture, consommation quasi nulle en journée • Bâtiment d'entreprise inoccupé la journée ou disposant déjà d'un contrat de fourniture avantageux • Grande surface de toiture disponible sans rapport avec la consommation du site, où l'objectif est de valoriser un actif immobilier • Projets de puissance importante, au-delà du résidentiel, où le modèle économique repose sur la production vendue
Sur ces cas, nous étudions le projet comme une installation professionnelle : voir notre page photovoltaïque pour les professionnels.
Une décision qui engage 20 ans
Le contrat d'achat court sur 20 ans. Passer de la revente totale à l'autoconsommation en cours de contrat n'est pas une simple formalité : cela implique une modification du raccordement, un nouveau comptage et une renégociation contractuelle, quand c'est possible.
D'où l'importance de l'étude préalable. Nous demandons systématiquement vos factures des 12 derniers mois et, quand c'est possible, votre courbe de charge, pour estimer la part de consommation réellement diurne. C'est ce qui détermine le modèle et le dimensionnement.
Un cas fréquent chez nous : un couple retraité à Bédarieux ou à Clermont-l'Hérault, présent à la maison la journée, atteint sans effort 70 % d'autoconsommation. À l'inverse, deux actifs absents en semaine plafonnent à 40 % sans pilotage ni batterie — d'où l'intérêt d'une batterie de stockage ou du pilotage du ballon d'eau chaude.
Questions fréquentes
Peut-on passer de la revente totale à l'autoconsommation ?
C'est possible mais lourd : modification du raccordement, du comptage et du contrat d'achat. Mieux vaut trancher à l'étude.
Le surplus non consommé est-il perdu si je n'ai pas de contrat ?
Oui. Sans contrat d'achat, l'électricité injectée sur le réseau est cédée gratuitement. C'est pourquoi nous établissons le contrat pour chaque installation.
L'autoconsommation impose-t-elle une batterie ?
Non. La batterie augmente le taux d'autoconsommation mais n'est pas obligatoire. Beaucoup de nos clients atteignent 60 à 70 % sans stockage, uniquement en décalant leurs usages.
Passez à l'action
En 2026, pour une maison habitée, l'autoconsommation avec vente de surplus est presque toujours le bon choix : le kWh évité vaut plus que le kWh vendu. La revente totale reste pertinente sur les grandes toitures sans consommation, notamment agricoles. Ce choix se fait une fois, pour 20 ans : autant le faire sur des chiffres. Basés à Avèze, certifiés RGE QualiPV, nous réalisons l'étude gratuitement dans le Gard et l'Hérault — demandez la vôtre. À lire ensuite : optimiser son autoconsommation.
